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Ligne 735 kV Lévis - Des Cantons
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
journal La Nouvelle, Victoriaville, 15 novembre 1992
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Échelles réduites,
journal La Tribune, Sherbrooke, 7 novembre 1992
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Échelles réduites,
Daniel Jean effectue un marquage, 1992
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
marquage sur un arbre, 1993
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
journal La Nouvelle, Victoriaville, 9 septembre 1992
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Échelles réduites,
visites publiques, phase II, automne 1992
photographie : Jean-François Guillet
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Échelles réduites,
visites publiques, phase II, automne 1992
photographie : Jean-François Guillet
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Échelles réduites,
pylônes - séchoirs à linge, 1992
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
les grands nids, automne 1992
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
les grands nids, hiver 1992-1993
photographie : Dominique Laquerre
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Échelles réduites,
quelques petits nids, 1992
photographie : Dominique Laquerre
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art en nature
Échelles réduites
1992 - 93
À l’automne 1991, les gens apprenaient par les journaux locaux qu’une nouvelle ligne de transport électrique de 735Kw allait être érigée par la Société d’État Hydro-Québec. Reliant Lévis, au Sud de la ville de Québec, et la région immédiate de Sherbrooke à quelques kilomètres des frontières états-uniennes, ce projet prévoyait utiliser le corridor existant d’une ancienne ligne de faible tension. Cependant, cette dernière avait été construite en ligne droite, à travers monts et vallées, sans égard aux impacts visuels ou environnementaux, à une époque où ces préoccupations n’étaient pas encore dignes de considération. Résidente de Chesterville, une des petites municipalités touchées, et aussi indignée que plusieurs autres résidents, Dominique Laquerre s’est alors impliquée au sein d’un comité de citoyens qui se formait pour contrer le projet. Constatant les limites de tels comités qui, avec beaucoup de passion mais peu de moyens, posent les gestes habituels (lettres ouvertes, pétitions, conférences de presse) vite récupérés par l’implacable machine adverse ; Dominique Laquerre a décidé d’intervenir artistiquement dans ce débat secouant sa petite communauté rurale.
C’est alors que fut inititié « Échelles réduites », un projet artistique co-signé avec le plasticien Daniel Jean, qui s’est déroulé de l’été 1992 au printemps 1993. Nommé ainsi pour marquer le contraste entre les actions citoyennes et le gigantisme des moyens de la Société d’État, ce projet artistique consistait en plusieurs interventions éphémères en pleine forêt, dans une zone vouée à la destruction, entre les balises laissées par la Société d’État pour indiquer aux bûcherons les aires à déboiser. Calquant les méthodes du géant, le projet « Échelles réduites » s’est déroulé en phases distinctes, largement médiatisées dans la presse régionale. Ayant obtenu l’appui du maire, la visite de journalistes et même l’attention de la presse nationale au cours de la première phase, le projet a ensuite accueilli un public non familier avec l’art contemporain. Plus de 120 personnes se sont déplacées pour effectuer la randonnée de 45 minutes en forêt qu’exigeait une visite d’« Échelles réduites ».
« Ils faisaient des nids semblables à des vrais, puis de plus en plus humains, faits de fil électrique, de laine minérale... des espèces de métaphores de l’habitat humain. Certains nids étaient gros, surtout un de seize pieds de diamètre, avec un « prélart » en feuilles d’érable ramassées à l’automne, où était installé un mobilier de cuisine en chrome des années ’60, symbole d’une époque un peu romantique d’un progrès perçu comme sans limite, mythe dont nous sommes encore victimes. Sur la table, un petit poste de radio diffusait une bande sonore rapportant les propos de personnes âgées du coin qui parlaient de leur jeunesse et de l’avènement heureux de l’électricité dans leur vie. »
Johanne Chagnon, revue Esse #34, Montréal, printemps 1998
Tout en suscitant la réflexion sur nos notions de confort et de progrès, « Échelles réduites » a ajouté une voix nouvelle à un débat enfermé dans les questions politiques et économiques. Dominique Laquerre et Daniel Jean ont contribué à transposer le débat sur un autre plan et à l’élargir : en considérant des valeurs difficilement mesurables telles que la beauté des paysages et leur pérennité (forcément évolutive), et en faisant percevoir des voix et une poésie qu’on néglige habituellement.
Malgré que le tracé de la ligne Lévis-DesCantons ait été bonifié par endroits (notamment déplacé de cinquante mètres pour contourner le site des oeuvres d’art), les citoyens et les artistes n’ont pas empêché l’érection des pylônes. Néanmoins ces interventions, ainsi que plusieurs autres durant la même époque, ont indéniablement semé des graines de créativité citoyenne et de refus de la passivité ambiante.
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